lundi 02 juillet 2012 à 15h23
Réaction(s)
La course est finie pour Gervais Martel. Le couperet a été officialisé ce lundi soir après le conseil de surveillance. Le désormais ex-président du RC Lens n’a pu racheter ses parts au Crédit Agricole Nord de France avant le 30 juin, date de fin de sa priorité. Désormais la banque peut vendre le club à qui bon lui semble. Retour sur le film d’une année.
Le 19 mai 2011, la nouvelle tombe : le Crédit Agricole Nord de France, partenaire de longue date du RC Lens, devient actionnaire majoritaire du club de façon « momentanée », reléguant Gervais Martel en seconde place dans la hiérarchie du club. L’objectif est de permettre au Racing de mieux encaisser une nouvelle descente en Ligue 2 après celle de 2008. La banque injecte alors 7,9 millions d’euros, permettant au RCL de présenter un bilan positif devant la DNCG, une échéance que le club pourra passer sans encombre, même si le contrôle de la masse salariale est maintenu. Le CANF nomme par ailleurs l’un de ses éléments, Gérard Lévêque, en tant que tuteur et directeur général du club. L’homme intervient pour serrer la vis, et pas qu’un peu. Dans l’accord signé entre les diverses partie, Gervais Martel dispose d’un délai jusqu’au 30 juin 2012 pour racheter ses parts en priorité pour reprendre la main.
L’actionnaire majoritaire donne son feu vert pour recruter moyennant des départs et Gervais Martel peut alors procéder à un profond ravalement de son effectif pour l’exercice 2011-2012, allant jusqu’à installer un nouveau staff technique, emmené par Jean-Louis Garcia. Tout n’apparait pourtant pas au beau fixe, loin de là. Assez vite, les affaires se gâtent. D’autant que déjà durant le mercato 2011, le CANF refuse de valider certains contrats, à l’image de celui du gardien de Sedan Benoît Costil, qui partira du coup faire des merveilles à Rennes, en Ligue 1. Mais il est là surtout question du dossier Bollaert. Le stade du Racing a été retenu pour l’organisation de l’Euro 2016. Mais le montage financier est brinquebalant et la Crédit Agricole se montre réticent à l’idée de mettre la main à la pâte. 14 millions d’euros sont manquants. En décembre, une conférence de presse est organisée à Arras concernant ce qu’on appelle encore parfois « Bollaert 2014 ». Présent, Gervais Martel, qui défend bec et ongle le projet, écoute le Crédit Agricole remettre en cause son aboutissement. Les divergences de points de vue, jusque-là évoquées, éclatent alors au grand jour avec un scénario ubuesque.
Un investisseur attendu… qui n’est jamais venu
Alors que la saison avance, les tensions apparaissent de plus en plus fréquentes. Fin janvier, le Crédit Agricole est accusé d’être à l’origine d’un coup monté visant Gervais Martel dans la mise en examen qui implique ce dernier concernant l’attribution des travaux de rénovation du stade. La banque démentira, mais le torchon semble brûler de plus en plus. Gervais Martel, lui, cherche activement un investisseur capable de l’aider à reprendre les commandes du club. Successivement un fond de pension américain, puis russe, ou encore une société basée à Londres son évoquée. Mais l’annonce qui devait tomber courant mars fut sans cesse repoussée. Alors que l’échéance approche, le « prez’ » ne peut réunir l’argent dans les temps. Le 13 juin, il ne suit pas le Crédit Agricole devant la DNCG afin de présenter un projet différent. Déjà tombé d’accord avec au moins 6 joueurs, il se heurte aux velléités de la banque, qui refuse de valider les contrats prévoyant un plan sportif beaucoup plus austère pour l’exercice 2012-2013.
Si les deux parties continuent d’avancer ensemble sur le projet du stade, les ambitions se trouvent totalement opposées concernant la gestion du club. Quand le Crédit Agricole Nord de France prévoit le licenciement d’une trentaine de personnes et un recrutement de très faible envergure pour maximiser les économies avec pour objectif une masse salariale de 5 millions d’euros, Gervais Martel estime que pour survivre, son Racing aura besoin de bien plus d’ambitions sportives. Pourtant, il le voit se vider de sa substance, avec un centre de formation qui perd coup sur coup Olivier Bijotat et Eric Assadourian, alors que Georges Tournay attendait d’être fixé sur son avenir pour partir ou non à Boulogne-sur-Mer. Après avoir longtemps jouer la montre, Gervais Martel a perdu son combat et n’aura finalement pas levé les fonds nécessaires avant le 30 juin malgré un dernier « plan B ». Il ne faut pas oublier toutefois qu’il n’est pas encore totalement écarté de la course. Simplement, il ne figure plus comme prioritaire pour le rachat du club et devra désormais s’en remettre au bon vouloir du CANF qui dispose désormais des pleins pouvoirs en la matière. Car, en attendant, le RC Lens n’est plus le sien. Une conférence de presse est organisée mardi midi et va introniser Luc Dayan aux commandes. Le président lensois a pour sa part donné sa démission.

