mercredi 11 juillet 2012 à 01h00
Réaction(s)
Unique membre de la cellule de recrutement du RC Lens, Didier Sénac évoque les méthodes de travail du Racing en matière de recrutement. Vive les bouts de ficelles…
Lensois.com : Didier Sénac, comment se déroule actuellement le recrutement du RC Lens ?
Il faut se montrer patient, malin et savoir aller fouiner à droite et à gauche. Nous devons avant tout nous focaliser sur des joueurs libres et aller voir les matches de l’UNFP pour tenter de trouver de bonnes affaires. Ensuite, nous verrons pour tenter d’obtenir des prêts d’éléments barrés dans les effectifs des grosses écuries. Nous n’avons pas le choix, nous avons pour obligation de flairer les bons coups.
Comment faire alors que le Racing ne possède pas d’enveloppe pour les transferts ?
Sans argent, c’est compliqué… Même en faisant appel à tous les réseaux possibles. De plus, quand vous évoluez en Ligue 2, même si vous appelez toutes les formations de l’élite pour obtenir des prêts, leurs dirigeants attendent un peu pour essayer de placer leurs éléments dans d’autres formations de L1. Et puis, vous passez forcément à côté de bons joueurs. L’an passé, pour une question salariale, nous n’avons pu accueillir le Bordelais Fahid Ben Khalfallah. Dans ces conditions, nous attendons donc dans un premier temps la décision de la DNCG tout en sachant que, de toute manière, le marché des transferts risque de se décanter sur le tard.
« Il nous reste les seconds couteaux »
Mais au regard de la dernière saison, peut-on encore dire que les prêts représentent une solution d’avenir ?
Clairement, il faut tomber sur des joueurs qui s’investissent. Pour cela, il faut procéder à des prêts avec option. C’est une manière de dire au joueur que s’il se montre performant à Lens, il obtiendra quelque chose au bout.
Mais le RC Lens reste-t-il attractif ?
Oui. D’abord parce que jouer devant 25 000 personnes à Bollaert n’est pas donné à tout le monde. Ensuite, dans l’idée de chacun, le Racing reste un club de L1 en L2. En revanche, il ne faut pas nier, et chacun le sait, que sur un plan financier, Lens n’attire plus forcément. On sait que de ce côté, Monaco se montre plus intéressant. Reste aussi à voir les moyens dont disposent des équipes descendues l’an dernier de l’élite comme Caen ou Auxerre. Après, il ne faut pas oublier que les meilleurs joueurs de ce championnat sont promis à la Ligue 1. On peut citer Romain Alessandrini parti à Rennes ou Ryan Mendès du Havre qui possède de nombreuses propositions à l’étage du dessus. A partir de là, il nous reste ensuite les seconds couteaux. Reste que nous avons su nous débrouiller en amont en trouvant des accords avec des bons éléments rompus à la Ligue 2. Mais ils ne vont pas nous attendre 107 ans !
« Il n’est plus possible de scruter au Portugal »
Sur un plan pratique, comment fonctionnez-vous en étant le seul élément de la cellule de recrutement ?
Je bidouille. Aujourd’hui, il n’y a plus de billets d’avion, de voyages en TGV ou autre. Il faut absolument prendre la voiture. Dès lors, cela limite le champ de recherche. Par exemple, il n’est plus possible de scruter au Portugal qui regorge pourtant de joueurs de qualité. Nous sommes dès lors cantonnés à superviser en France, en Belgique, aux Pays-Bas et au bord de l’Allemagne dans des clubs de 2e division.
Et au niveau des décisions, comment cela se déroule ?
Disons qu’avant, quand la cellule de recrutement comportait plusieurs éléments, nous croisions les avis. Chacun donnait ses informations et un autre allait revoir les joueurs. Désormais, ce n’est plus possible. L’an dernier, parfois, Jocelyn Blanchard m’aidait. Mais généralement, le directeur sportif se doit de suivre l’équipe première. De fait, on se débrouille comme on peut avec les moyens du bord.

