vendredi 27 juillet 2012 à 10h15
Réaction(s)
Depuis l’éviction de Gervais Martel, le RC Lens se retrouve avec d’anciens Lillois placés à des postes clés comme la présidence, la direction sportive ou le centre de formation. Jeu des réseaux ou coïncidence, cette situation engendre forcément des remous et soulève des questions.
Le 2 juillet dernier, la nomination par le Crédit Agricole de Luc Dayan à la présidence du RC Lens avait suscité un certain émoi au sein des associations de supporters du Racing. Le nouveau dirigeant avait même essuyé un « Vous n’êtes pas le bienvenu » de la part d’un responsable de section lors de la réunion de présentation de la nouvelle direction. Le passé du néo-responsable lensois en tant qu’actionnaire et président du LOSC apparaissait comme une pilule difficile à avaler. Depuis, l’émergence d’anciens Dogues dans l’organigramme du RC Lens n’a fait que s’accentuer.
Certes, à la direction sportive, Antoine Sibierski a connu de belles années sous le maillot Sang et Or (2000-2003, 89 matches de Ligue 1 pour 23 buts), mais l’ancien attaquant reste un pur produit du centre de formation du LOSC (1992-1997, 91 matches de Ligue 1 pour 17 buts). Recruté comme directeur du centre de formation, Pascal Plancque appartient également à l’histoire du rival nordiste. Egalement formé au LOSC, il en défend les couleurs au sein de l’élite de 1980 à 1987. Il y deviendra aussi dans les années 2000 le coach de la réserve et l’adjoint de Rudi Garcia en équipe première ! Enfin s’il a porté le maillot lensois de manière éphémère en 1996-1997, Jean-Claude Nadon, nouvel entraîneur des gardiens à la formation, avait auparavant gardé les buts lillois pendant 7 saisons !
Même Ch’ti Lens est un chien !
Face à cette architecture estampillée LOSC, Luc Dayan se défend de « volonté stratégique ». « Honnêtement à part Antoine Sibierski, je n’ai effectué aucun choix. Ce sont simplement des circonstances, » se défend-il. Et de poursuivre : « Il est vrai qu’il existe une dualité et que personne n’aurait imaginé un jour voir une personne passer par la présidence des 2 clubs comme c’est le cas pour moi. Mais les relations entre Lens et Lille se sont toujours révélées excellentes ces dernières années. J’ai d’ailleurs beaucoup échangé à ce sujet avec les supporters. De plus, je suis persuadé que l’on peut se présenter rivaux sur le terrain et trouver des mécanismes de ponts entre les 2 entités sans que cela soit perçu comme une trahison. »
De son côté, Pascal Planque nous confiait quelques heures après sa nomination en Artois : « La modernité du métier veut cela. Il y a 15 ou 20 ans, cela paraissait impensable. Mais à l’heure de la mondialisation, je ne trouve rien d’étonnant. » Reste qu’à l’heure où Antoine Sibierski et Jean-Louis Garcia prônaient récemment un retour aux valeurs et à l’attachement aux couleurs Sang et Or en évoquant la fuite des jeunes talents du RC Lens… cette situation suscite des interrogations et interpelle nombre de fans. Et en cas d’échec de la direction actuelle, nul doute que ce réseau lillois focalisera les critiques. Mais, pour l’instant heureusement, si la mascotte Chti Lens a du chien, elle n’est pas (encore) identifiée dogue.

