Série-docu sur le RC Lens, « Lens, de sang et d’or » s’est dévoilée un peu plus

Le 24 et le 25 juin, la chaine L’Equipe proposera en prime-time la série-documentaire en 4 épisodes « Lens, de sang et d’or ». Une immersion dans la vie du RC Lens qui nous a été présentée plus en détails ce vendredi matin lors d’une visio-conférence de presse en présence notamment de Joseph Oughourlian, président du RC Lens, ainsi que de Yannick Cahuzac et Jonathan Gradit.


Le montage est posé pour laisser la parole à des supporters ou pour permettre à Joseph Oughourlian, dans ses bureaux londoniens d’Amber Capital, de se présenter, de parler de ce « deal financier » que représentait au départ son arrivée au RC Lens pour devenir une « affaire de cœur ». Il se fait plus dynamique pour montrer la furia d’un soir de match à Bollaert. On voit aussi Arnaud Pouille et Florent Ghisolfi, directeur général et coordinateur sportif du RC Lens, en pleine négociation difficile au téléphone avec le président Guingamp Bertrand Desplat à propos d’El-Hadji Ba et Cheick Traoré 5 minutes avant le début d’un match ou encore cette causerie de Philippe Montanier avant le Lens-Chambly du 3 décembre, joué devant 30 000 personnes en plein hiver, durant laquelle il explique à ses joueurs qui ne le sauraient pas ce qu’est la Sainte-Barbe avant un clin d’œil à Daniel Leclercq, récemment décédé, « une étoile qui peut-être guide tous les Lensois. » Voici ce que l’on a pu voir lors de la présentation de quelques extraits de « Lens, de sang et d’or », la série-documentaire tournée tout au long de la saison par les équipes d’Elide Productions en immersion dans la vie du RC Lens et du bassin minier. 100 jours de tournage et 280 heures de tournage ont été derushées pour aboutir à 4 épisodes d’environ 45 minutes diffusés le 24 et le 25 juin en prime-time sur la chaine L’Equipe.

Une expérience inédite en France, qui renvoie forcément à « Sunderland Jusqu’à la mort », série-documentaire à succès disponible sur Netflix. « Joseph Oughourlian et ses équipes nous ont ouvert les portes. La seule limite était celle que fixait le coach Philippe Montanier sur la vie du groupe et vous allez voir qu’au fil de la série, on arrive à en voir de plus en plus. Il faut féliciter le club pour son ouverture d’esprit », insiste Français Pesenti, l’un des co-fondateurs d’Elide Productions avec Luc Dayan, ancien président du Racing. Au sein de la chaine L’Equipe, on assure ne pas avoir réfléchi bien longtemps à l’opportunité de diffuser la série. Particulièrement parce que c’était le RC Lens, confesse Jérôme Saporeto, son directeur. « On s’est mis d’accord en une heure. Qu’un club n’est pas comme les autres, on peut le dire pour tous, mais à Lens, il y a vraiment quelque chose de différent, quelque chose de très positif et on ressent le lien entre les joueurs et les supporters. Pour une chaine comme la nôtre, une petite chaine, il s’agit de créer l’évènement, d’essayer de bouger les lignes et je pense que ce sera le cas avec ce documentaire. Cette façon de raconter le sport va devenir à terme indispensable car le public veut connaitre l’envers du décor. Il s’agit de raconter un club, son histoire mais aussi son impact sociétal. »

Joseph Oughourlian : « Une visite au sein du club mais aussi sur la culture du bassin minier »

Président du RC Lens, Joseph Oughourlian tenait particulièrement à ce que le contexte au milieu duquel évolue le club soit mis en avant. Plus que les coulisses d’un club professionnel, qu’il n’a pas voulu montrer de façon « policée », l’enjeu était pour lui de mettre en lumière toute la culture qui règne autour et particulièrement de ses supporters, du bassin. « C’est une visite au sein du club mais aussi sur la culture du bassin minier. Le plus important à mes yeux, c’est ce qu’il y a autour du stade. La particularité de ce club, c’est sa culture. Et on s’est dit que si on rentrait dans ce projet, il allait falloir jouer le jeu et non pas jouer un jeu », souligne le patron des Sang et Or qui assure que « les caméras ont su se faire oublier ». Même son de cloche chez les joueurs. Pas facile pourtant d’entrer dans l’intimité d’un vestiaire, d’un groupe. « On a bien vécu le tournage. Nous avons eu affaire à de vrais professionnels qui se sont bien intégrés pour entrer dans notre quotidien », commente Yannick Cahuzac. Annoncé comme l’un des acteurs importants de cette série, Jonathan Gradit est lui arrivé au club le 20 août, alors que le tournage avait déjà commencé : « Tout s’est déroulé naturellement. A peine arrivée, j’ai dû faire une interview avec l’une des personnes de la série et le courant est bien passé. Bien d’autres joueurs auraient pu être suivis car il y a un super état d’esprit. Le montrer représente peut-être une occasion d’humaniser le footballeur. » L’occasion de démonter peut-être certains clichés sur les joueurs, mais aussi sur les supporters lensois ? La production pense que le public artésien sera bien mis en valeur. « C’est vrai que quand on arrive de l’extérieur, on peut avoir des préjugés, mais ils s’envolent vite », commente Luc Dayan, d’après son expérience personnelle. « On est fier des supporters qui ont participé », ajoute François Pesenti.

Pour le 24 et le 25 juin, on nous promet ainsi une série authentique. Le RC Lens n’a pas pris part au financement du projet et Joseph Oughourlian indique que le club n’a pas été impactant sur le processus éditorial. Est-il pour autant facile de montrer parfois les mauvais côtés lorsque l’on s’immerge dans un club et que des attaches se créées ? « Plusieurs personnes qui ont réalisé la série ne connaissaient pas spécialement Lens, commente Luc Dayan, lui-même en revanche resté attaché au Racing et qui explique : « C’est sûr, je n’avais pas envie de faire de mal à Lens, mais il n’y avait pas de raison que cela arrive. On a montré des images à certains stades du montage au club pour avoir un ressenti, mais il n’y a pas eu de véto. » Une série qui ne s’est pas réalisée sans imprévus, à l’image forcément de la suspension du championnat suite à la crise sanitaire. Même si un report de la diffusion à septembre a été envisagé alors qu’il était encore question d’une reprise, les équipes se sont adaptées : « Au moment de l’annonce de la montée, tout le monde était en confinement. Mais s’il n’y avait plus une caméra pour les filmer, il y avait plusieurs ordinateurs pour le faire », souligne François Pesenti, dont les équipes sont ensuite retournées sur le terrain pour filmer de dernières images. Reste maintenant à patienter jusqu’à la fin juin pour découvrir le produit final en intégralité. Joseph Oughourlian espère qu’il offrira un rayonnement supplémentaire au club et une belle mise en valeur du bassin minier. Avant une saison 2 ? « C’est encore un peu tôt, on verra comment est reçue et perçue localement la série », glisse Joseph Oughourlian, satisfait de cette première expérience.

Christophe Schaad

J. Oughourlian réagit au débat sur la fin de saison en France et la reprise prévue en Italie
Mon RC Lens 2020-2021 : au moins un renfort par ligne