Pierre Sage connait la réussite pour sa première saison sur le banc du RC Lens. Ses principes ont été très vite digérés par un collectif qui a pourtant connu du mouvement durant l’été. Et le fait d’avoir rejoint une équipe qui n’était pas qualifiée pour une compétition européenne pourrait avoir joué un rôle décisif.

Le coach lensois commente : « Je pense que sur une première saison, c’est vrai que c’était fondamental. Ça nous a permis effectivement de pouvoir travailler, d’aller un petit peu plus en profondeur dans ce qu’on souhaitait faire. Il y a aussi un autre aspect, c’est l’architecture de notre calendrier. On jouait souvent avec 7 à 8 jours entre nos matchs. Ça nous permettait de beaucoup travailler. Le fait qu’il y ait eu trois trêves internationales aussi, travailler, récupérer, donc toujours travailler de manière qualitative. C’est pour ça aussi qu’on fait ce début de saison. C’est pour ça aussi qu’on a eu très peu de blessés. C’est pour ça que le jeu collectif a avancé en grandissant. Maintenant, on se rend compte que dès que le calendrier s’intensifie, que la pression commence à augmenter, il y a d’autres effets. Il va falloir trouver un bon équilibre entre ces deux moments de manière à maintenir un niveau de compétitivité de l’équipe. »

« Si on doit changer beaucoup de joueurs et réinitialiser les logiciels, ce sera peut-être un peu plus long » 

Car la saison prochaine, justement, le RC Lens jouera l’Europe, que ce soit la Ligue Conférence, la Ligue Europa ou la Ligue des Champions. Pierre Sage y pense déjà : « En jouant l’Europe, le maintien de l’effectif dans ses grandes lignes à 80 ou 90 % serait un avantage. À l’inverse, si on doit changer beaucoup de joueurs et réinitialiser les logiciels, ce sera peut-être un peu plus long. En tout cas, le niveau de performance sera un peu plus décalé dans la saison. »

D’ailleurs, on peut voir avec les recrues hivernales, intégrées en pleine saison, qu’il y a besoin d’un temps d’adaptation : « On s’en aperçoit avec les trois joueurs qui nous ont rejoints au mercato hivernal. Ils ne sont pas rentrés automatiquement dans l’équipe et ils ne sont pas rentrés avec de grands temps de jeu. Il faut travailler sur l’entraînabilité, sur l’intégration et l’application des principes collectifs. Parce que lorsqu’on a des joueurs qui se comprennent sur le terrain, c’est difficile d’intégrer cet aspect-là, même si le football reste le football. Dans tous les cas, la coordination entre eux n’est pas aussi fluide qu’elle ne l’est après 100 ou 150 séances communes. C’est dans ce sens que c’est difficile de rentrer dans une équipe, dans un mercato, à part lorsqu’on répond réellement à un besoin identifié ou à une blessure. On était assez conscients de cette chose-là. On accompagne aussi ces joueurs pour qu’ils puissent justement gagner du terrain dans le fait de rentrer dans l’effectif et dans le 11 titulaire. Pour Amadou Haïdara, notamment, on n’en est plus très loin. »

Propos recueillis par Christophe Schaad à la Gaillette-Gervais Martel