Le RC Lens recevra Nantes ce vendredi avec la perspective d’assurer sa qualification directe pour la Ligue des Champions. Et conforter aussi une 2e place à laquelle Pierre Sage tient alors que Lyon revient fort derrière. Une mission à relever avec de nombreuses absences puisque Florian Thauvin et Allan Saint-Maximin seront forfaits quand Saud Abdulhamid, Adrien Thomasson et Mamadou Sangaré seront suspendus.

Lensois.com : Pierre Sage, puisqu’elle sera intégralement suspendue, vous allez devoir troquer votre traditionnelle paire du milieu Thomasson-Sangaré, probablement pour le duo Bulatovic-Haïdara. Mais ils jouent beaucoup moins. Comment cela est-il géré ?
Je vais faire appel à votre mémoire et au match aller à Nantes : « Bula » avait remplacé Adrien Thomasson, qui était déjà suspendu pour le match aller. Je ne sais pas si vous vous souvenez du match qu’il avait livré, de l’intensité qu’il avait mise sur ce match… Il avait répondu à l’exigence du match avec beaucoup d’efficacité. On a un système d’entraînement et de compensation des matchs qui nous permet de faire appel à des joueurs qui n’ont pas joué depuis longtemps et éventuellement de les aligner sur 90 minutes, sans que cela empêche qu’ils soient capables de remplir la mission qui est la leur. C’est un peu moins le cas avec Amadou qui, lui, n’est pas non plus rentré sur les derniers matchs parce qu’il a eu des alertes qui l’ont éloigné d’une convocation il y a peu de temps. Donc, on l’a plus ménagé qu’autre chose. Mais concernant Bulatovic, il est en mesure, sans avoir joué, de faire un match complet avec le niveau d’intensité nécessaire.

Dans l’animation, cela change-t-il beaucoup de choses de changer totalement cette doublette ?
Oui, par rapport aux habitudes de jeu, mais non par rapport aux profils, parce que vous avez Amadou Haïdara qui ressemble plus à Mamadou Sangaré et vous avez Bulatovic qui ressemble à Adrien Thomasson dans son jeu. Donc, c’est vrai que c’est une alternance avec des doublettes qui ont à peu près la même complémentarité. On s’était fait la remarque, lorsqu’on avait aligné Mamadou Sangaré avec Andrija Bulatovic à Nantes, que ça pouvait fonctionner. À l’inverse, lorsqu’on met Adrien Thomasson et Andrija Bulatovic ensemble, ils se ressemblent un peu trop et il y a un peu moins de conscience de l’équilibre.

Vous faites le choix de ménager Florian Thauvin et Allan Saint-Maximin, victimes de petites alertes. Est-ce aussi une façon de préparer la finale, en limitant au maximum les risques ?
On pense aussi aux matchs qui précèdent la finale, parce qu’à un moment ou à un autre, ils auront besoin de jouer justement pour avoir du rythme, même si notre système d’entraînement nous permet de compenser. Les joueurs valides, eux, ont la possibilité de maintenir le rythme. Des joueurs qui vont moins jouer et qui vont moins s’entraîner, eux, auront besoin, à un moment ou à un autre, de rejouer pour retrouver du rythme. Mais on a le devoir absolu de gagner pour conforter notre deuxième place, parce que, au vu de la saison qu’on vit tous ensemble, il serait hors de question de considérer une autre place que la deuxième, même si on a toujours une tête à regarder un peu vers le haut.

« Je ne vais pas opérer les mêmes choix qu’à Brest »

Contre Brest, vous aviez choisi de faire un turnover, justement en faisant souffler Allan Saint-Maximin et Florian Thauvin. Allez-vous opérer les mêmes choix pour les remplacer et, si oui, comment s’assurer que le contenu proposé par ceux qui vont les remplacer soit différent de celui qui vous avait déçu à Brest ?
Sur les choix de Brest, on va considérer que je les ai choisis partiellement, parce que si on considère que Samson Baidoo était un choix, ce n’est pas le cas, c’est la situation sanitaire qui m’impose de ne pas le titulariser. Sur les autres choix, je les prends pour moi, il n’y a pas de problème. Je ne vais pas opérer les mêmes. Je n’ai donc pas besoin de répondre à la suite de la question !

Vous avez évoqué l’importance de la 2e place. Cela amène-t-il une vigilance particulière par rapport au retour de Lyon à 4 points ?
Bien sûr, que ce soit le calendrier, les performances qu’ils alignent actuellement, ces paramètres nous font considérer qu’ils veulent absolument être dans les trois premiers. Et je pense que s’ils peuvent nous doubler, ils ne vont pas se gêner, mais c’est à nous d’accélérer de manière à laisser à distance. En étant maîtres de notre destin, on a besoin d’une victoire pour les laisser derrière nous. Et si toutefois on ne fait pas le travail nécessaire vendredi, il faudra attendre les matchs de ce week-end. Mais en général, c’est mieux de compter sur nous-mêmes.

Sur les derniers matchs qui ont pu vous décevoir, avez-vous trouvé qu’il y avait un problème au niveau de l’approche mentale des joueurs ? Est-ce un point de vigilance important pour vous alors qu’on approche du dénouement, avec de forts enjeux ?
Bien sûr, et je dirais qu’on n’a pas attendu de perdre ou de faire des bêtises pour se rendre compte que l’aspect mental était important pour nous. C’est un levier qu’on exploite, c’est-à-dire qu’aujourd’hui, il y a des ressources qu’on recrute et que l’on met à disposition des joueurs. Même nous, le staff, qui ne sommes pas experts de cet aspect, on a une attention particulière sur celui-ci de manière à optimiser nos performances et, du coup, optimiser notre saison.

Propos recueillis par Christophe Schaad à la Gaillette-Gervais Martel.