Vendredi soir, Pierre Sage a rejoint Daniel Leclercq : pratiquement 3 décennies après, le Druide n’est plus le seul à avoir guider le RC Lens vers un trophée. La réussite d’un entraîneur encore neuf dans le milieu professionnel, qui a répété à plusieurs reprises ces dernières semaines sa volonté première de rester au club bien qu’il soit logiquement sollicité. 

Lensois.com : Pierre Sage, avez-vous le sentiment de changer de dimension en tant qu’entraîneur ?
J’ai juste fini une saison de Ligue 1 complète. C’est la première fois que ça m’arrive dans cette courte carrière qui s’est jouée sur trois saisons. C’est ma deuxième finale et la première remportée. Et peut-être effectivement que je vais changer de dimension, mais ça se situera juste au niveau de ma tenue l’année prochaine ! C’est un scoop !

Quelle est votre ambition désormais ?
Boucler au moins une deuxième saison, puis une troisième et ainsi de suite. Je trouve que les attentes des clubs sont très élevées au niveau des coaches. Cette année, ça a plutôt bien marché et je pense qu’il faut laisser du temps aux coaches pour travailler. On a de bons exemples encore dans notre championnat cette année. On a vu que ce n’était pas forcément la solution. En plus, c’est très coûteux de changer. Donc mon ambition, c’est de continuer à être performant, efficace dans tout ce que j’entreprends au quotidien et de m’améliorer de jour en jour. J’espère que le staff sera dans la même logique, de manière à ce que le club soit toujours tiré vers le haut, et j’espère aussi que l’effectif suivra ce même chemin.

« J’ai interpellé deux ou trois collègues et je leur ai dit : “Est-ce que vous vous rendez compte de l’endroit où on est ? »

Vous arrivez d’assez loin, vous avez fréquenté le monde amateur il y a peu de temps. Etes-vous surpris de vous retrouver là aujourd’hui et quel message pouvez-vous faire passer aux éducateurs qui rêvent du milieu professionnel mais s’en sentent encore loin ?
Je suis très surpris de ce que je vis en ce moment. D’ailleurs, tout à l’heure, quand on était sur le podium au moment de la remise de la coupe, j’ai interpellé deux ou trois collègues et je leur ai dit : « Est-ce que vous vous rendez compte de l’endroit où on est ? » Et c’est un peu le sentiment que j’ai eu au moment où je suis passé au micro lors de la remise du trophée de meilleur entraîneur, parce que j’étais face à tout le gratin du football français. C’était très difficile à porter, parce que je suis jeune dans la profession, même si mon âge ne dit pas toujours la même chose. Et ensuite, concernant les éducateurs qui ont un peu cette vision-là, alors oui, il faut avoir de l’espoir, oui, il faut s’accrocher. Mais je vais reprendre une citation de Philippe Gabilliet : Pour avoir des opportunités, il faut être une opportunité soi-même. Donc il faut prendre soin de soi, monter en compétence, ne pas hésiter à voyager, apprendre les langues étrangères. Parce que même si on entraîne en France, c’est important de parler les langues, puisque le vestiaire est composé de joueurs qui parlent plusieurs langues différentes. Et c’est important de pouvoir s’adresser à eux dans leur langue maternelle pour leur montrer qu’on s’intéresse beaucoup à eux. Et à partir du moment où ces conditions sont réunies, les opportunités viennent et il faut les saisir.

Aviez-vous hésité à venir à Lens ? Diriez-vous aujourd’hui que c’était le meilleur choix de votre carrière ?
Je n’ai pas hésité à venir à Lens. Vu la taille de ma carrière, je ne sais pas si c’est le meilleur choix, mais en tout cas c’était un bon choix à ce moment-là, et j’espère pouvoir répondre à cette question dans 25 ans avec plein d’autres exemples. Et peut-être qu’à ce moment-là, je vous dirai effectivement que Lens était le meilleur choix !

Propos recueillis par Christophe Schaad