Dans le bassin minier, l’histoire entre le Nord et le Maroc remonte aux Houillères. Plus de soixante ans plus tard, le Mondial 2026 sera une fête à deux drapeaux pour de nombreux Sang et Or, et peut-être pour vous.
Une présence marocaine ancrée dans le bassin minier depuis les années 1960
Avant de parler ballon, il faut parler racines. Si autant de Lensois se retrouveront cet été devant les matchs des Lions de l’Atlas, ce n’est pas un hasard. Les Houillères du bassin Nord–Pas-de-Calais ont recruté des milliers de mineurs marocains à partir des années 1960, principalement dans le sud du royaume. Beaucoup sont restés et leurs familles aussi.
Aujourd’hui, à Avion, à Noyelles-sous-Lens ou à Sallaumines, vous croiserez des supporters qui ont grandi avec deux affiches au mur : celle du Racing et celle des Lions de l’Atlas. La grève des mineurs marocains de 1980 leur a permis d’obtenir le statut du mineur dont bénéficiaient leurs collègues français depuis 1946. Cette mémoire d’une lutte pour la dignité ouvrière parle directement à la culture lensoise. Sang et Or et rouge marocain : même fond, même fierté. Beaucoup ont d’ailleurs déjà commencé à chercher leur maillot de l’équipe du Maroc pour préparer l’été qui arrive.
Après l’épopée de 2022, le Maroc revient avec des ambitions
Le Maroc a validé son billet pour le Mondial 2026 dès septembre dernier, après avoir écrasé le Niger 5-0 au stade Prince Moulay Abdellah de Rabat. Les Lions de l’Atlas ont été le premier pays africain qualifié. Ce sera leur septième participation en phase finale et la troisième consécutive.
Vous vous souvenez sans doute de 2022 au Qatar : le Maroc qui sort la Belgique, l’Espagne, le Portugal. Il s’agit alors de la première nation arabe et africaine à atteindre les demi-finales d’un Mondial. Les supporters franco-marocains envahissent ensuite les rues partout en France, notamment dans le bassin minier.
Pour beaucoup de Lensois d’origine marocaine, ces semaines avaient eu un goût particulier. Le maillot du Maroc s’était d’ailleurs vu partout dans les rues du Pas-de-Calais à l’époque, du bar des Corons aux abords de Bollaert.
Porter le maillot, une affaire de transmission
Soutenir le Maroc à distance, ça passe par les écrans, les groupes WhatsApp familiaux, les cafés de quartier et, bien sûr, par le maillot. Pour le supporter lensois aux deux drapeaux dans le cœur, porter le maillot de l’équipe du Maroc en plus du Sang et Or, c’est afficher une double appartenance qui ne se discute pas.
Le rouge frappé de l’étoile verte chérifienne, comme le Sang et Or, n’est pas un bout de tissu, mais plutôt un signe de reconnaissance entre supporters qui partagent l’amour du foot. Dans le bassin minier, où la mémoire ouvrière marocaine reste vive, sortir avec le maillot du Maroc un jour de match prend une dimension particulière. Ce n’est pas du marketing, c’est de la transmission.
Un Mondial à deux maillots
On ne vous demandera pas de choisir entre son Racing et les Lions de l’Atlas. Ce sont deux histoires et deux ferveurs qui se complètent. La saison de Ligue 1 s’arrête en mai, le Mondial commence en juin : le timing tombe pile pour basculer d’un attachement à l’autre sans rupture.
Si vous n’avez pas encore franchi le pas, l’été 2026 est probablement le bon moment pour s’offrir le maillot de l’équipe du Maroc. Au-delà du Mondial, c’est une manière d’honorer une histoire qui descendait au fond de la mine et qui aujourd’hui chante dans les tribunes.