Le RC Lens a remporté un 11e succès consécutif à Bollaert toutes compétitions confondues ce samedi en l’emportant 3-1 contre Rennes. Pierre Sage revient sur cette rencontre mouvementée, qui place toujours un peu plus son équipe sur la route d’une saison record.

Lensois.com : Malgré des vents contraires, vous avez su l’emporter. On a l’impression que vous êtes insubmersibles ici…
Cela prouve bien que le football est parfois injuste. Notre début de match est vraiment bon et on se fait punir. Ils marquent quand même un but qui est bien joué parce qu’il y a un appel d’Esteban Lepaul qui se situe dans un autre intervalle que celui où on reçoit la balle. Bien joué à eux. J’ai moins aimé notre fin de mi-temps. De la 15e à la 45e, on a été trop dans un jeu de possession qui n’avait aucun impact sur nos adversaires. On les a laissés dans leur projet de nous battre. Remettre du dynamisme en seconde période nous a permis d’inverser la tendance.

Allan Saint-Maximin était attendu comme le « facteur X ». Il vous a rendu un grand service en marquant le 3e but alors que vous étiez à 10 contre 11. Pouvez-vous nous parler de son entrée ?
Ce qui l’amène à rentrer dans cette position, c’est le fait qu’on prenne un rouge. On avait besoin d’un joueur capable à la fois de prendre la profondeur, parce qu’on savait que nos adversaires allaient beaucoup attaquer, et qui soit aussi capable de garder le ballon, ce qui se passe sur son but. Je tiens à le féliciter. Il réunit ces deux caractéristiques et, quand il les met au service de l’équipe et de ses résultats, c’est tant mieux. Il nous a permis de moins transpirer en fin de match, même si je vous avoue qu’elle a été très difficile.

Ruben Aguilar a été un acteur majeur du match : passe décisive, but et carton rouge ! Le jeu a beaucoup penché de son côté et moins sur celui de Matthieu Udol par rapport à d’habitude. C’était prévu ?
Pas du tout, c’est la distribution du jeu qui nous a amenés à ça. Dans le versant spectaculaire du jeu, il aura donné beaucoup de choses ! Il était assez déçu de se faire expulser, mais comme je le lui ai dit : « tu es revenu après une blessure, tu vas louper un ou deux matchs pour suspension et tu reviendras de la meilleure des manières. »

À l’aller, vous aviez tenu 90 minutes à Rennes (0-0) en étant ambitieux. Cette fois, vous avez su tenir l’avantage en concédant peu d’occasions et même mettre un 3e but en infériorité numérique. Comment expliquez-vous cette solidité dans ces situations ?
Je pense que les activités humaines et le sport collectif, le football en particulier, font qu’il vaut mieux être dix ensemble plutôt qu’une addition de onze. Quand on multiplie les talents, l’énergie, le niveau de réponse des joueurs face aux situations est élevé. C’est ce qui s’est produit ce soir en infériorité numérique, comme à l’aller. De temps en temps, on a joué en supériorité numérique et on était peut-être moins en cohésion et en coordination dans ce qu’on faisait, et du coup le rapport de force se nivelait.

« PSG-OM ? Le meilleur résultat pour nous serait un nul »

C’était votre 10e victoire de suite en Ligue 1 à domicile (la 11e toutes compétitions confondues). Quel est votre regard sur ce record ?
C’est un record historique pour le club de gagner dix fois de suite en championnat. La génération 2022-2023 l’avait réussi aussi. On est en position de battre le record, tant mieux. Le fait d’avoir réagi après notre défaite à Marseille en enchaînant trois victoires en sept jours est très positif. C’est aussi le signe des équipes capables, de temps en temps, de se prendre les pieds dans le tapis et de se relever rapidement pour reprendre le chemin. Je pense qu’on est cette équipe-là.

Vous parlez souvent des records. Vous nourrissez votre groupe de ces défis ?
Ils ont la possibilité d’écrire certaines lignes de l’histoire de leur club. Ça peut paraître parfois comme des faire-valoir ou des placebos, mais dans tous les cas, je sais que les joueurs sont animés par ça. Ce sont des choses qui leur parlent, c’est assez concret. À l’inverse, le risque, c’est que quand on n’atteint pas le record, il faut recommencer de zéro. On ne va pas nous enlever nos 49 points et c’est là que le discours est important : il faut alors retrouver d’autres choses pour les stimuler.

49 points à ce stade, pour un 2e, ce serait quasiment du jamais-vu. Ce n’est pas épuisant de faire face au PSG ? D’ailleurs, demain, vous serez pour le PSG ou l’OM ?
On ne sera peut-être pas 2es à la fin de la journée ! Pour l’instant, on est premiers. En effet, si le PSG gagne, on sera 2es, mais on s’affranchit complètement de ça. On a un point de passage à 52 (ndlr : pour apercevoir l’Europe). Il nous faut encore une victoire et, à partir de cet objectif, on pourra commencer à dessiner d’autres ambitions. On est en avance sur ce qui a pu se produire par le passé, mais chaque saison est différente. Le nombre de points n’est pas toujours significatif d’un rendement ou d’une fin heureuse. Demain, je pense que le meilleur résultat sera un nul, parce qu’il n’y aura que deux points de distribués.

Propos recueillis par Christophe Schaad au stade Bollaert-Delelis.