Le RC Lens s’est incliné 3-2 à Bollaert contre Monaco ce samedi dans le cadre de la 23e journée de Ligue 1, après avoir pourtant mené 2-0. L’entraîneur Pierre Sage espère que cette déconvenue servira de leçon salutaire pour la suite.

Lensois.com : Pierre Sage, comment expliquez-vous cette défaite survenue après avoir mené 2-0 ?
Je pense, passez-moi l’expression, qu’on a déconné. On avait la victoire entre les mains, on était plutôt bien dans notre deuxième mi-temps, parce qu’on avait réglé des choses entre la première et la deuxième, et on était plutôt dans l’idée d’aller au bout du match de cette manière. C’est vrai que les trois buts surviennent sur des erreurs individuelles et collectives, et ça a permis, dans un premier temps, de remettre l’adversaire dans le match, puis de l’emporter. Mais dans tous les cas, c’est une situation qu’il faut être capable de gérer. Il faut prendre la leçon et ne pas se morfondre, parce qu’il y a d’autres échéances qui arrivent rapidement. L’enjeu, justement, c’est de faire en sorte que ce qu’on a vu ce soir ne se reproduise plus, parce qu’on a besoin de redevenir performants très rapidement. Je n’en veux à personne, c’est le RC Lens qui a perdu. On va gérer ça en équipe. Des fois, on est bien contents que certains joueurs soient très performants individuellement et permettent à l’équipe et au club de partir du stade la tête haute. Aujourd’hui, on est très déçus, mais c’est important de ne pas se victimiser et de faire en sorte que ce soit une bonne expérience qui nous permette de grandir en tant qu’équipe.

Les erreurs survenues en seconde période n’ont-elles pas un lien avec des situations déjà vues en première ?
Sur le premier but, oui. Mais c’est vrai qu’en première mi-temps, on a fait beaucoup d’erreurs. On a manqué d’agressivité. Pour moi, la première mi-temps s’est davantage jouée négativement sur l’aspect défensif. Ce sont des aspects qu’on a ensuite mieux gérés. Mais en deuxième mi-temps, cette perte de balle dans notre camp est très dommageable. En plus, c’est un moment où on est assez ouverts et l’adversaire en profite. D’ailleurs, on savait qu’un des points forts de Monaco était la récupération dans le camp adverse pour se créer des situations. Ils l’ont encore démontré ce soir. Mais il y a plein de petites choses qu’on a mal gérées en première mi-temps, qu’on a plutôt bien réglées au début de la seconde.

Sur ces 10 minutes qui ont permis le retour de Monaco, la moindre erreur a été payée cash…
C’est difficile de considérer que ce qu’on vit ce soir est notre quotidien et que ce soit la norme. Mais malgré tout, ce soir, c’est effectivement ce qui s’est passé. On avait le match en main, on a laissé l’adversaire revenir suite à une erreur. Et peut-être qu’ensuite, psychologiquement, ça nous a mis dans une situation inconfortable. L’adversaire en a profité jusqu’au bout, jusqu’à aller chercher la victoire qu’on lui a finalement donnée.

« Si ça n’arrive qu’une fois et que ça permet à l’équipe de grandir et de gagner en maturité dans ces moments-là, tant mieux  »

Avez-vous un regret sur votre coaching ce soir, par exemple la sortie rapide d’Édouard après le premier but monégasque ?
Sa sortie était presque prévue. Il avait aussi quelques douleurs qu’on devait gérer. Ce n’est pas le premier but qu’on prend qui fait qu’il sort. C’était quasiment prévu qu’il sorte à ce moment-là. Les changements étaient prêts. On se réorganise, puisque Allan Saint-Maximin joue au poste d’attaquant. Il se crée une ou deux situations. Ensuite, Rayan Fofana a presque la balle du 3-3 au bout du pied. L’idée, c’est d’avoir des joueurs frais. Odsonne n’avait déjà pas fait le match en entier la semaine dernière. On essaie de le gérer sur les moments importants des matchs. Mais non, sa sortie, je ne la regrette pas. Je regrette sûrement d’autres choses, mais sa sortie était prévue.

Comment envisagez-vous la suite ? Quels seront les leviers pour rebondir ?
De manière très positive. On est très contents d’avoir encore 11 matchs à jouer et la possibilité d’atteindre nos objectifs. Mais on est aussi conscients de la leçon qu’on a prise ce soir. J’ai parlé aux joueurs. Je leur parle toujours avec authenticité, sincérité, en étant complètement transparent, en leur disant que ce soir, nous avions déconné, comme je vous l’ai dit au départ. Cela fait partie de l’apprentissage d’une équipe. Ça ne nous était jamais arrivé jusqu’à maintenant de donner un match à nos adversaires. Et encore une fois, si ça n’arrive qu’une fois et que ça permet à l’équipe de grandir et de gagner en maturité dans ces moments-là, tant mieux. Même si c’est très décevant ce soir et qu’on aurait pu l’éviter. Mais à l’inverse, si on se victimise, si on considère que c’est autre chose, si on commence à déplacer la responsabilité sur les arbitres ou sur d’autres aspects, ce sont des choses que je déteste. On s’éloigne complètement de la manière de gérer ça en adulte.

La course au titre amène-t-elle un trop-plein de pression ?
On menait 2-0 dans ce match-là. La pression était déjà présente à ce moment-là. Si l’on me pose cette question alors qu’on menait 1-0 et qu’il restait cinq minutes de jeu avant de craquer, pourquoi pas. Mais là, il s’est passé trop de choses à notre niveau qu’on aurait dû mieux maîtriser pour considérer que c’est la pression qui nous a inhibés. On a fait des erreurs. Ça fait partie du parcours. Ça fait partie de la vie d’une équipe de football. Maintenant, l’important, c’est de considérer que ces choses peuvent se produire. Il faut se réfugier dans le travail et dans la concentration, de manière à maintenir notre ambition jusqu’à la fin de la saison et pouvoir aller au bout des choses.

Propos recueillis par Christophe Schaad au stade Bollaert-Delelis