Ce vendredi 5 décembre, le Racing Club de Lens a enfin décroché sa première victoire en Arkema Première Ligue. Après la rencontre, Sarah M’Barek ne cachait pas sa joie et son soulagement.
Lensois.com : Sarah, vous obtenez votre première victoire en championnat. Quel est votre premier sentiment ?
Sarah M’Barek : Ça a été difficile, c’est un match difficile, c’est une victoire acquise dans la douleur. Mais justement, on l’apprécie, on la savoure et j’espère qu’elle va en amener plein d’autres. C’est le soulagement quand même aussi de dire qu’enfin elle est là. J’ai eu du mal à y croire. Je me suis dit : « Il ne va jamais se terminer ce match. » Mais oui, sincèrement, elle fait du bien. C’est un soulagement et surtout une récompense pour les filles qui travaillent dur depuis le début de la saison. Et là, ça va leur permettre un petit peu de souffler, de savourer cette soirée et de travailler avec un peu plus de confiance.
L’entame de match et le premier quart d’heure ont été en faveur de l’AS Saint-Étienne. Est-ce que cela vous a amené du doute car elles se sont procuré les premières occasions ?
Non, ça ne m’a pas amené de doutes. Ça m’a fait dire, au contraire, qu’on a tenu. On a réussi à ne pas encaisser le but dans les premières minutes. Donc ça, c’est quand même mieux que ce qu’on a pu faire précédemment. C’est un objectif rempli parce que ça faisait partie des choses qu’on a essayé de corriger. Quand on réussit à tenir dans des temps faibles comme ça, à ne pas encaisser le but, l’idée, c’est aussi de savoir concrétiser dans nos temps forts, et ça a été le cas.
La demi-heure qui a suivi a été en faveur de votre équipe. Au bord du terrain, qu’est-ce que vous avez dit pour justement changer la tendance ?
Je pense qu’on a juste donné quelques mots tactiques, des ajustements. Après, c’est elles qui ont pris vraiment les choses en main. Elles se sont senties plus confiantes, elles ont réussi à faire de meilleures choses. On s’est procuré des occasions, on s’est lâchées. Et on a réussi à marquer, donc je pense que ça aussi, ça nous a amenées vers du positif.
« J’espère que ça va leur montrer qu’elles sont capables de gagne »

Aujourd’hui, vous avez pu compter sur le retour de votre attaquante : Aude Gbedjissi. C’est d’ailleurs la buteuse. Que pouvez-vous dire sur son retour gagnant ?
Oui, je pense que c’est un élément aussi à souligner. Forcément, Aude apporte beaucoup de confiance à l’équipe, beaucoup d’efficacité. Elle est capable de marquer des buts, donc forcément, elle nous tire vers le haut. Elle a prouvé à quel point… C’est un vrai leader de terrain. Je lui ai même confié le brassard aujourd’hui, en l’absence de Tess (Ndlr. Tess David) et de Blandine (Ndlr. Blandine Joly). C’est un signe fort. C’est une joueuse qui se donne à fond, qui bosse et qui tire le groupe vers le haut.
Dans les buts, vous avez fait le choix de titulariser Maddy Anderson pour la première fois en championnat. Pourquoi ce changement ?
On avait envie de faire du changement, d’amener de la fraîcheur, de créer un déclic. C’est vrai que Blandine (Ndlr. Blandine Joly) a joué tous les matchs de championnat. On a encaissé beaucoup de buts, alors ce n’est pas forcément elle qui est mise en cause. Mais forcément, psychologiquement, elle est touchée. L’idée, c’était de la soulager un peu, d’amener de la fraîcheur, comme je vous l’ai dit. Et ça a payé, tant mieux. Maintenant, la hiérarchie n’est pas bousculée pour autant. Elles se tirent la bourre, et tant mieux. Ça veut dire qu’on a deux gardiennes de bonne qualité et de très bons niveaux. Et ça, c’est encourageant pour la suite.
Maddy Anderson, c’est un profil différent de Blandine Joly. Sa longueur au pied a notamment fait beaucoup de bien aujourd’hui…
Son jeu au pied fait beaucoup de bien également, avec une très bonne longueur. Elle a un peu plus de puissance que Blandine. Et elle est capable aussi de jouer avec les deux pieds. C’est un atout supplémentaire. Elle nous a bien soulagés aujourd’hui.
Au fil des minutes, les jambes ont commencé à être lourdes. Il y en a quelques-unes qui avaient besoin de souffler. Ce dernier quart d’heure, c’est devenu compliqué. C’est quoi, c’est Bollaert aussi ?
Non, je pense que ce sont les joueuses qui revenaient de blessure essentiellement. Donc forcément, elles étaient un petit peu à court. Que ce soit Louann (Ndlr. Louann Archier), Aude (Ndlr. Aude Gbedjissi) ou Shirly (Ndlr. Shirly Jeudy). Ce sont des joueuses qui ont été ménagées sur les dernières semaines. Donc elles ne sont pas prêtes pour tenir 90 minutes. On le savait très bien. Mais je pense que même le temps qu’elles ont joué, ça s’est plutôt bien passé. Et puis après, il y a les conditions météo, quand même. Il ne faut pas se le cacher. Ce n’est pas évident. Même si c’était pour les deux équipes, ça amène un petit peu plus de fatigue, c’est sûr.
Et puis ce stade Bollaert…
Bollaert, ça fait du bien. Super terrain, super public. Donc forcément, on les a entendus, ils nous ont soutenus. Et je pense que cette victoire, elle est pour eux.
Vous attendez quoi aussi sur cette fin de première partie de saison, si on peut l’appeler comme ça ? On va dire que c’est un enchaînement de matchs qui paraît abordable. Mais si ça ne s’est pas passé comme pour la victoire aujourd’hui, l’enchaînement aussi qui paraît abordable, c’est quoi l’objectif justement jusqu’au bout ?
Oui, l’objectif, c’est d’emmagasiner le maximum de points. On est conscients que les matchs qui arrivent vont être aussi décisifs que celui qu’on vient de vivre. Maintenant, l’idée, c’est d’aller gagner. J’espère que ça va leur montrer qu’elles sont capables de gagner. Après, on sait qu’on a un déplacement à Dijon qui ne va pas être évident. Ensuite, on reçoit Le Havre. Voilà, c’est le maximum de points. Maintenant, il faut s’assurer sur la suite de la saison, au moins jusqu’en décembre, jusqu’aux vacances.
Propos recueillis par Clément Courtois au stade Bollaert-Delelis à Lens.
Bravo les filles 👧