Samson Baidoo, Malang Sarr ou maintenant Ismaëlo Ganiou… Plusieurs joueurs du RC Lens ont été amenés à évoluer dans l’axe de la défense à trois. On l’a déjà exploré avec Pierre Sage plus tôt dans la saison : contrairement à ce que laissent penser certains clichés et, même si Samson Baidoo a fini par s’imposer comme le choix numéro 1 à ce poste, la décision ne se résume pas à une question de taille.

Pourquoi, par exemple, Ismaëlo Ganiou a-t-il été préféré à Nidal Celik ou Malang Sarr pour occuper ce rôle à Paris le week-end dernier, en l’absence de Samson Baidoo ? Pierre Sage livre sa vision : « Ma réponse n’est pas d’une légitimité absolue parce que je me suis trompé des fois dans la composition (ndlr : le coach artésien rumine souvent ses choix à Marseille). Malgré tout, au-delà de mettre la lumière des projecteurs uniquement sur cette position, c’est l’association des trois, voire des onze joueurs, qui, à un moment donné, va conditionner celui qui jouera à ce poste. Mais aussi la nature de l’adversaire que l’on rencontre, les caractéristiques de l’avant-centre, notamment, et des joueurs de couloir. Et en fonction de tous ces éléments-là, l’architecture n’est pas forcément la même. Parce que chacun de nos joueurs a des caractéristiques naturelles pour répondre à l’adversité. Mais chacun de nos adversaires est différent. Et dans un même match, il y a même des différences entre les adversaires alignés, ainsi que des permutations qui permettent justement de plonger les joueurs dans des contextes de jeu un petit peu différents. Cela fait beaucoup d’éléments à prendre en compte. Je fais pas mal de rotations à ce poste en séance, de manière à leur permettre justement d’être capables de jouer quasiment à deux ou trois positions sur la ligne arrière. »

« Ismaëlo Ganiou, dans cette position-là, n’est plus le même joueur qu’il l’était il y a 12 ou 15 matchs. »

Et il y a bien sûr la question fatidique de la capacité à commander une défense. La maturité gagnée au fil des semaines par Ismaëlo Ganiou plaide en sa faveur comme il faut refondre l’arrière-garde au gré des absences : « Il y a aussi une notion qui est très importante, c’est celle du leadership. Et c’est vrai que, dans cette position-là, il n’est plus le même joueur qu’il l’était il y a 12 ou 15 matchs. Aujourd’hui, il est capable de mener la ligne peut-être un peu mieux qu’à ses débuts. C’est un élément important. Mais dans tous les cas, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Et j’essaye de choisir la meilleure combinaison de joueurs. »

Propos recueillis par Christophe Schaad à la Gaillette-Gervais Martel