Des chiffres qui ont fait mal : lorsqu’il a été publié, le rapport de la DNCG pour la saison 2024-2025 a mis en lumière les énormes difficultés financières du football professionnel français, avec pas moins de 11 clubs dans le rouge. Avec un résultat net positif de 4,3 millions d’euros au prix de nombreuses ventes, le RC Lens faisait figure de rare bon élève.

Au total, les clubs français affichent une perte d’exploitation qui dépasse le milliard d’euros au 30 juin 2025 (1,4 milliard). Il faudra du temps avant que les perspectives ne soient réellement meilleures.

Dans les colonnes de L’Equipe, le président de la DNCG Jean-Marc Mickeler réagit et souligne que tout ne s’explique pas par la chute des droits TV : « Sur la base des éléments dont nous disposons, le déficit d’exploitation restera vraisemblablement au-dessus du milliard d’euros. Les résultats des cessions de joueurs, déjà effectuées ou anticipées d’ici le 30 juin, devraient se situer autour de 800 millions d’euros. Notre meilleure estimation à ce stade nous conduit vers une perte nette de l’ordre de 500 millions d’euros, un niveau comparable à la saison précédente (…) La DNCG porte ce diagnostic depuis plusieurs années, y compris dans des périodes où les droits domestiques étaient à des niveaux bien supérieurs : le football professionnel français a vécu au-dessus de ses moyens. La baisse des droits télé est la touche finale d’un déséquilibre qui s’est construit sur cinq ou six saisons, avec l’épisode Mediapro, la période Covid, et une progression des masses salariales qui n’a jamais été véritablement corrélée à l’évolution réelle des revenus. Ce que la chute des droits domestiques a provoqué, c’est une prise de conscience collective et accélérée que ce déséquilibre ne pouvait plus être différé. »

Sur les droits TV internationaux : « Nous appelons simplement au sens commun sur ce sujet, dans l’intérêt de la valeur collective du Championnat »

L’occasion de mettre sur la table la question du partage des droits TV internationaux, qui ne profitent qu’aux clubs européens dans un passé récent. Le patron du gendarme financier du football français appelle à plus d’unité : « La DNCG n’a pas vocation à prescrire une formule de répartition. En revanche, elle a une vision claire sur ce que commande le sens commun. L’allocation exclusive des droits internationaux aux clubs européens a été établie dans un contexte où l’on anticipait un milliard d’euros de droits télé au total. Ce contexte a radicalement changé. Maintenir par principe une répartition figée, assortie d’une clause d’unanimité qui rend toute évolution structurellement impossible, est une position qui nous semble difficile à défendre collectivement. Des clubs ont consenti des efforts considérables _ réduction de masse salariale, ajustement de leurs ambitions, soutien de leurs actionnaires. Pour certains d’entre eux, deux ou trois millions d’euros supplémentaires de revenus annuels ne sont pas anecdotiques. Nous appelons simplement au sens commun sur ce sujet, dans l’intérêt de la valeur collective du Championnat, dont tous les clubs, européens ou non, sont les bénéficiaires. »