Le RC Lens fait honneur à ses racines ce week-end, au moment où il célèbre la Sainte-Barbe. Pour leur premier match à domicile depuis le 4 décembre, les Sang et Or mettent en valeur leur passé. A travers un maillot spécial vert et noir porté contre Montpellier mais aussi en honorant la mémoire de ses anciens.
Ainsi, avant la rencontre, le RC Lens inaugurait à la Gaillette les terrains Daniel Leclercq et Arnold Sowinski. Ces 2 immenses figures de l’histoire du club, qui nous ont quittés en novembre 2019 et en avril dernier aux âges de 70 et 89 ans, ont donné leur nom aux terrains que l’on appelait auparavant San Siro et Camp Nou. Ce n’est qu’un début, a prévenu le président Joseph Oughourlian, qui compte bien voir la Gaillette et ses pelouses prendre « une couleur plus locale ». « C’est important pour nos jeunes, pour qu’ils comprennent d’où ils viennent », a-t-il insisté, à la Gaillette, le « cœur du club, là où réside son centre de formation ». Le président lensois regrettait forcément que cette cérémonie ait dû s’organiser devant un comité restreint, contexte sanitaire oblige. Il a ainsi salué les lycéens de l’établissement Henri-Senez d’Hénin-Beaumont qui ont participé à la conception des totems, ces 2 stèles impressionnantes, l’une à l’effigie de Daniel Leclercq posée devant de l’ancien San Siro, l’autre à l’effigie d’Arnold Sowinski, devant l’ex Camp Nou. Il a aussi eu une pensée pour les supporters, même si des quelques représentants étaient présents. Familles, ex joueurs ou employés s’étaient rassemblés pour ce moment. Gervais Martel a pris la parole pour évoquer Daniel Leclercq, « très heureux que le club ait décidé de rendre hommage » ainsi à ses légendes. « Ce moment de souvenir sera perpétuel », s’est-il félicité. « Quand nos gamins porteront plus tard nos couleurs, nous leur apprendrons qu’ils étaient des très grands, qu’ils ont fait l’histoire du RC Lens. »
« Ils étaient des ouvriers, des besogneux du RC Lens »
L’ancien président lensois en a profité pour saluer aussi la mémoire de Papa Bouba Diop, décédé à l’âge de 42 ans. « A chaque fois, c’est un moment de nos plaisirs, de notre histoire qui s’en va », a-t-il regretté, avant de dépeindre un Daniel Leclercq qui contrairement à ce que l’on prétendait parfois, n’avait pas mauvais caractère. « C’était juste quelqu’un d’entier et un gagneur. Un entraîneur qui m’avait impressionné parce que pendant ses causeries, il ne parlait jamais de l’adversaire mais que de ses joueurs et de son 4-3-3, peu importe qui on affrontait. C’était aussi un superbe joueur. C’est grâce à lui que j’ai découvert ce qu’était faire une transversale dans le football ». Il a aussi partagé quelques souvenirs d’Arnold Sowinski, ancien mineur, gardien et entraîneur dédiant toute sa vie au Racing : « Arnold, c’était l’humilité et le savoir-faire. Daniel et lui étaient des ouvriers, des besogneux du RC Lens et des gens performants. » Daniel Percheron, ancien président de la région et membre du conseil d’administration, a pris la relève pour Arnold Sowinski, gardien qui l’a émerveillé pendant sa jeunesse, dans les années 50. « Il n’était jamais battu en face à face. 9 fois sur 10 il remportait ses duels face aux attaquants et il avait la détente qui faisait qu’il n’était jamais battu d’avance. Il incarnait l’intégration polonaise qui nous a tant apporté. En tant qu’entraîneur, il amenait cette alchimie qui permettait à une équipe de jouer en harmonie, en laissant les talents s’exprimer. Arnold, c’était l’humilité et la simplicité. » 2 grandes figures inscrites sur des stèles que croiseront régulièrement désormais jeunes et joueurs professionnels du RC Lens. Et qui ne manqueront sûrement pas de les inspirer.


Propos recueillis par Christophe Schaad