Le RC Lens recevra le PSG ce mercredi en match en retard de la 29e journée de Ligue 1 (21h, à suivre en direct sur Lensois.com et diffusé en intégralité sur beIN Sports). Le titre étant promis au PSG et la 2e place déjà assurée pour Lens, l’enjeu sera de bien préparer la finale de la Coupe de France. Et Pierre Sage compte bien le faire en continuant de pousser le club de la capitale dans ses retranchements.

Lensois.com : Pierre Sage, vous revenez d’une soirée particulière puisque vous avez été désigné meilleur entraîneur aux trophées UNFP…
Je n’ai pas beaucoup dormi, étant donné qu’on s’est levé très tôt ce matin. Pour autant, je suis content d’être rentré ici, d’avoir vu l’ensemble des membres du staff, parce que mine de rien, c’est une récompense qui est aussi pour eux. Et pour l’instant, on n’a rien eu le temps de faire ensemble, mais on fera forcément quelque chose. Ils ne vont pas me louper, au même titre que je ne vais pas les louper, parce que je ne peux pas les associer à la récompense et ne pas les faire participer à la manière de célébrer celle-ci ! Mais je vous avoue que j’aimerais vraiment que l’on fête d’autres choses beaucoup plus importantes ensemble.

Allez-vous faire tourner face au PSG ? Des supporters vous invitent même à aligner les jeunes de la Gaillette en signe de protestation contre le report. Est-ce une option ?
Pour moi, ce n’est pas une option, dans le sens où des gens ont acheté leur place pour voir un spectacle. Il y a des gens qui paient des abonnements pour voir un bon match aussi. Et étant donné qu’il n’y aura que deux matchs demain (ndlr : il y aura également Brest-Strasbourg), on se doit de respecter ces engagements. On a aussi à cœur de livrer un bon match face à la meilleure équipe du monde et d’essayer de rivaliser avec elle pour se rapprocher d’elle. Donc non, on ne fera pas le coup de l’OM avec les minots. On sera plutôt dans une logique aussi de préparer notre finale sur ce match, ce qui va être un élément important pour nous. Et comme je vous l’ai dit, il y a une autre ambition sur ce match, c’est de faire partie des équipes qui auront vraiment embêté le PSG jusqu’au bout. On a réussi à le faire sur le championnat. Mais si on est capable de le faire encore mieux sur un match, on ne va pas se priver. Puis je vais vous faire une petite confidence personnelle. Je me suis aperçu tout à l’heure que, dans mon expérience de jeune coach, c’est la première fois que je vais pouvoir jouer contre le PSG à domicile, bien que je les aie déjà affrontés quatre fois.

Le match de dimanche à Lyon entre-t-il aussi dans la logique de gestion ?
Il y a deux aspects. Il y a la proximité entre les deux matchs qui va aussi entrer dans nos réflexions. Et la deuxième chose, c’est la proximité entre le match de dimanche et celui de vendredi, qui rentrera elle aussi dans nos réflexions. Notre objectif suprême, bien évidemment, ce sera d’être le plus compétitif possible le 22 mai. Et ça passe bien évidemment par du repos, mais surtout du rythme. C’est pour ça que c’est important de faire jouer les joueurs. Je me suis aperçu, lorsque j’ai eu la chance de disputer une coupe d’Europe, que lorsqu’on laisse trop les joueurs au repos, on a l’impression qu’ils arrivent sur le terrain en étant frais, mais ils ne sont en fait pas prêts à jouer. C’est pour ça que c’est important de les faire jouer un minimum. On a aussi des joueurs qui n’ont pas joué le match précédent. Donc forcément, leur capacité à jouer 90 minutes peut être entamée, sachant qu’en fonction des raisons qui les ont amenés à ne pas participer à la rencontre précédente, soit un choix, soit une suspension, soit éventuellement une alerte, il y a aussi une différence de traitement à faire.

« Le report a mis en exergue beaucoup de choses »

Avec le recul, le report de ce match face au PSG a-t-il été pénalisant ?
Pour moi, il n’a pas été pénalisant sportivement, parce qu’on ne l’a pas joué. Donc tant qu’on ne l’a pas joué, on ne peut pas le caractériser comme pénalisant. Par contre, il a été très pénalisant d’un point de vue politique, puisque ça a mis en exergue beaucoup de choses, notamment dans les décisions du football français. J’ai l’impression qu’il y a des camps qui se sont opposés, comme dans d’autres combats. Ce sont des terrains qui ne nous concernent pas, on a juste à faire le meilleur match possible pour essayer de rivaliser avec la meilleure équipe du monde. C’est déjà un chantier assez relevé. Je préfère qu’on mette notre énergie là-dessus et qu’on laisse nos dirigeants s’occuper de l’autre partie du problème.

On sent que la Coupe de France est la priorité des priorités…
Vous savez, les joueurs ont cette chance, c’est qu’ils ont la possibilité de confirmer qu’ils peuvent être titulaires lors de la finale de la Coupe de France, au même titre qu’ils peuvent perdre cette titularisation-là. C’est un levier que je compte bien utiliser, malgré tout.

Une attention est-elle apportée également aux cartons ? Saud Abdulhamid terminera ce mercredi de purger une suspension de 2 matchs après le rouge reçu à Nice. Si la même mésaventure venait à arriver à l’un de vos joueurs, il manquerait la finale…
On fait appel à la conscience de chacun. C’est un peu comme lorsqu’on est en retard et qu’on ne respecte pas le code de la route, on sait à quoi on s’expose. Donc je pense qu’il est nécessaire aujourd’hui que les joueurs aient conscience de ça, mais ils ont aussi une performance à livrer de manière à pouvoir jouer un maximum lors de la finale. Donc on peut très bien jouer au football tout en respectant les règles du jeu et en respectant les arbitres. On avait eu ces questions pendant longtemps avec Mamadou Sangaré. Il avait réussi à continuer à enchaîner des performances sans prendre ce fameux cinquième carton jaune qu’il a pris finalement à Brest pour ne pas jouer contre Nantes. Et on s’aperçoit que lorsque les joueurs sont concentrés sur le jeu, ça n’empêche pas de faire des erreurs, mais malgré tout, on limite les possibilités de prendre des cartons.

Propos recueillis par Christophe Schaad à la Gaillette-Gervais Martel.