Fin octobre, le RC Lens a vécu des semaines compliquées avec l’apparition d’un cluster au sein du groupe professionnel. 18 cas dont 11 joueurs du RC Lens sont déclarés positifs en quelques jours.
Parmi les personnes positives, on retrouve l’entraîneur des gardiens Sang et Or, Thierry Malaspina. Dans une longue interview chez nos confrères de L’Equipe, il raconte l’apparition de ce virus qui le conduira à l’hôpital : « Pendant 5 jours, c’était atroce, parce que j’étais en pleine forme. Le mercredi matin, je me lève avec difficulté. Énorme coup de pompe. Comme si on m’avait roulé dessus. Suivent des premières difficultés à respirer. Le jeudi, je transpirais comme un bœuf. Changer les draps me réclamait un effort surhumain. Je ne mangeais même plus : plus la force de lever ma fourchette. J’ai eu envie d’aller aux toilettes. Je n’y suis jamais parvenu. Je me suis fait dessus. Une demi-heure pour faire deux mètres… Là, tu te dis : « Ce n’est pas moi, ça ! » Le doc a pris peur. Les pompiers sont venus me chercher le samedi. J’étais à 84 de saturation. Il faut être entre 95 à 100. »
Le technicien est finalement amené à l’hôpital d’Arras suite à ses symptômes : « À mon arrivée, un psychologue vient me voir, poursuit-il. J’ai cru que j’allais mourir. Ça va très vite. Je m’étais mis en mode compétition. L’objectif ? Ne jamais monter à 8 litres d’oxygène mais descendre à 3, puis à 1. Le lundi, le scanner montrait mes lésions résorbées. Quand tu sors d’affaire, on te permet de te promener. Et là, tu vois tout le dévouement des soignants. Et la détresse et la fatigue des patients. Il y a des personnes de trente, quarante ans aussi. Tu prends conscience que ça touche tout le monde. Que ça peut tuer ».