Hervé Koffi revient pour l’instant au RC Lens puisqu’il n’était que prêté sans option d’achat à Angers . Il y a effectué une saison de tout premier plan, au point d’être nommé pour le Trophée UNFP du meilleur gardien de Ligue 1 finalement remporté par Robin Risser.

Recruté sur une validation de Franck Haise finalement parti avant son arrivée en 2024, barré par Brice Samba puis Mathew Ryan avant de partir en prêt à Angers, il réintègre pour l’instant un effectif où figure du coup un jeune gardien bien installé et devenu le numéro 3 de l’équipe de France. Difficile de savoir quel sera son avenir, mais le Burkinabé, s’il n’est pas transféré avant, devrait retrouver la Gaillette sans la moindre rancœur envers Lens, malgré les hauts et les bas qu’il a pu y vivre avant son expérience à Angers. Pour la chaîne Youtube 8 Clos TV, il est longuement revenu sur son aventure lensoise, débutée en tant que doublure de Brice Samba, avec qui il a « kiffé » travailler. Mais ce dernier va finalement partir 6 mois plus tard. L’occasion pour lui de jouer… quelques semaines : « J’apprends le départ de Brice, je suis numéro 2 et donc je dois prendre la place de numéro 1. Il y a cette pression car Lens est un grand club, qui joue pour se qualifier pour l’Europe. A ce moment-là, c’était un peu compliqué, on n’arrivait pas à enchainer les bons résultats. Mais je ne m’attendais pas à ce départ de Brice. Je me suis dit que j’allais avoir peut-être l’opportunité de jouer en coupe, d’apprendre un peu, de retrouver un peu mes repères avec le championnat français, d’avoir le temps d’observer pour la saison suivante. Brice est finalement amené à partir et je dois jouer tout de suite contre le PSG. »

Hervé Koffi a alors été marqué par l’attitude du public lensois à son égard, alors que le club ne semblait pas vouloir lui confier le rôle de numéro 1 sur le long terme : « Ce qui m’a marqué, ce sont les supporters. Franchement, c’était émouvant. Ils attendaient de voir ce que j’allais faire contre le PSG. Dieu merci, j’ai pu faire mon match et les ils m’ont adopté tout de suite. Après, on a joué à Toulouse, mais malgré tout, il y avait des informations comme quoi le coach cherchait un numéro 1. Moi j’avais déjà le soutien des supporters, je voulais faire mes matches. S’ils trouvaient un numéro 1 et qu’ils pensaient qu’il méritait sa place, tant mieux, moi j’allais continuer à travailler. Des choses se disaient sur les réseaux et les supporters ne m’ont pas lâché. A l’échauffement contre Toulouse, j’avais les larmes aux yeux car je sentais que les supporters avaient confiance en moi. Je fais un gros match, on perd sur un penalty et pourtant, ils ont continué à chercher un numéro 1. Mais moi, ça ne m’a pas déstabilisé. Finalement, ils arrivent à trouver son gardien, Mathew Ryan, un grand monsieur, d’expérience. »

« Etre à Lens, voir le stade plein, c’était déjà énorme pour moi »

Arrive alors cette difficile transition, Will Still donnant l’impression de ne pas prendre de gants en déclarant sur DAZN avant la réception d’Angers qu’il a décidé d’aligner Mathew Ryan et de remettre sur le banc Hervé Koffi, prétextant que son équipe avait perdu 3 fois en 4 matches avec lui dans les buts malgré de bonnes prestations : « Je m’attendais à retrouver le banc, le plus important pour moi, c’était de lui faire changer d’avis. Malheureusement, cela ne s’est pas fait. Le jour où il m’annonce ça, il m’appelle pour me dire qu’il veut me voir avec le coach des gardiens. Dans ma tête,je me dis que peut-être le coach va me dire que finalement je reviens dans le but, parce que Mathew Ryan est arrivé avec quelques problèmes physiques, sans lui souhaiter que ça arrive. Finalement, le coach me dit que j’ai fait les matches qu’il fallait mais qu’il n’y a pas eu les résultats espérés et qu’il a décidé de faire tourner. Il me l’a dit en face avec le coach des gardiens. Vous pouvez demander aux joueurs de Lens de l’époque : ils n’ont jamais vu sur mon visage que j’étais triste ou découragé. Le coach a fait cette sortie sur DAZN avant le match. En rentrant chez moi, je reçois un message comme quoi le coach a dit ça… Après moi, il m’avait déjà parlé, mais je ne savais pas qu’il avait dit ça aussi à la télé. Je ne lui en ai pas voulu. »

L’ancien carolo n’a pas changé d’attitude pour autant et ne s’est pas braqué contre Will Still : « En revenant à l’entrainement, je suis resté tranquille, j’ai laissé les choses se faire naturellement.  Je me dis que je suis un joueur lensois et qu’on se bat tous pour la même cause. Le coach a dit ce qu’il pensait. J’ai laissé les choses se faire, après il est venu me voir, pour me dire qu’il avait eu à tenir des propos bizarres mais qu’il ne l’avait pas fait pour me frustrer, me montrer du doigt. Il a dit qu’il allait essayer de faire une sortie pour rectifier ça, après c’est lui, c’est le coach. Il fait ses choix. C’est le foot. Je ne suis pas le premier joueur ni le dernier à qui ça arrive. Si lui-même il s’est dit qu’il était en erreur, je le laisse avec sa confiance, moi je ne lui en voulais pas. Dans le vestiaire, c’était toujours la même ambiance, j’ai toujours été joyeux à l’entrainement. Etre à Lens, voir le stade plein, c’était déjà énorme pour moi. J’avais envie de jouer mais j’arrivais à prendre le dessus sur ça. »

Son départ à Angers s’est décidé avant la fin de saison, alors que la situation de Mathew Ryan était floue puisqu’il n’avait signé que 6 mois. Le changement d’entraîneur aurait peut-être changé la donne sur son avenir mais il n’avait pas anticipé, comme tout le monde, l’annonce de Will Still à la dernière journée, quand il a décidé de partir : « Personne ne savait qu’il allait partir. Bien avant la fin du championnat, ils avaient déjà prévu de m’envoyer en prêt pour que je puisse avoir du temps de jeu. Ils avaient leur idée en tête. Après, moi aussi j’avais envie de jouer. Avec Angers, ça s’est fait tout de suite, bien avant la fin de saison. Puis je savais que si le coach et Mathew Ryan restaient, j’allais forcément continuer en numéro 2. Je savais aussi qu’ils allaient essayer de ramener un autre gardien. J’allais avoir 29 ans. Je ne savais pas ce qu’ils allaient faire avec Ryan, c’était un peu flou. Mon agent a demandé des nouvelles, ils ont répondu qu’ils ne savaient pas encore mais qu’ils étaient prêts à écouter si on avait quelque chose et si c’était en Ligue 1. Angers était intéressé et c’était une belle opportunité. J’avais envie de rester à Lens, de me battre pour la 1ere place, mais ce n’était pas garanti. A Angers, je savais que j’allais être numéro 1. Je tiens à remercier les Lensois parce qu’ils ont facilité les choses, m’ont soutenu. Il y a eu des sacrifices des 2 côtés pour que je puisse aller à Angers. Ils auraient pu m’obliger à rester en numéro 2. Ils ont été vraiment bien et j’ai réussi à faire une très bonne saison. »