La présentation du nouvel entraîneur Dino Toppmöller a été l’occasion pour le duo Benjamin Parrot-Jean-Louis Leca, directeur général et directeur sportif du RC Lens, de revenir sur les coulisses de ce changement sur le banc de touche et sur les ambitions du club pour la suite, après une saison exceptionnelle.
Pierre Sage est parti et le RC Lens s’apprête à écrire une nouvelle page de son histoire sans pour autant chercher à changer de chapitre avec Dino Toppmöller. Le changement d’entraîneur ne vient pas détourner le Racing de son projet. Alors, quand il a fallu rebondir, et vite, face à la volonté du vainqueur du Trophée UNFP du meilleur entraîneur de Ligue 1 de quitter le club, le duo Benjamin Parrot – Jean-Louis Leca est resté fidèle à la ligne de conduite qui l’avait mené jusqu’à Pierre Sage il y a un an. Même si, cette fois, il est allé chercher un entraîneur au-delà des frontières. « Comme nous sommes un club qui aime évoluer dans la continuité, les premiers mots de l’ensemble du club seront des remerciements chaleureux et appuyés à Pierre Sage, à Jamal Alioui, ainsi qu’à tous ceux qui ont contribué à une saison magnifique et historique. Maintenant, nous sommes tournés vers 2026-2027 », lance Benjamin Parrot, directeur général du RC Lens, qui balaye tout sentiment de colère à l’encontre de son désormais ex-coach.
2026-2027 se fera donc avec Dino Toppmöller, libre depuis son départ de Francfort l’hiver dernier, après avoir conduit le club en Ligue des champions quelques mois plus tôt grâce à une belle troisième place. « Dino et le Racing Club de Lens, ce n’est pas la rencontre d’un accomplissement, mais celle de deux valeurs montantes. Le RC Lens est un club fier de ses racines, mais aussi un club qui gagne et qui est ambitieux, précise Benjamin Parrot. Dino partage cette ambition. Bien qu’il porte le prénom d’un gardien légendaire (ndlr : Dino Zoff), c’est un adepte du jeu offensif. Cette rencontre avec quelqu’un de francophile nous a tout de suite séduits par ses idées de jeu, ses valeurs et sa volonté de s’engager pleinement dans ce projet pour lequel nous avons des convictions ardentes. Aujourd’hui, une belle page s’ouvre à nous, placée sous le signe de l’ambition, mais aussi du respect de l’identité du club. »
7 millions d’euros investis pour améliorer les infrastructures

Avant de laisser la parole au technicien allemand, qui s’est exprimé dans un excellent français tout au long de la conférence de presse, Jean-Louis Leca a appuyé les remerciements de Benjamin Parrot envers le duo Pierre Sage-Jamal Alioui, et confirmé l’évidence qui s’est imposée lorsque l’opportunité s’est présentée. Car Dino Toppmöller est sorti du lot au sein de la liste des huit personnes rencontrées par le club. « Quand on a terminé le premier call avec Dino, j’ai téléphoné à Ben (Benjamin Parrot) et je lui ai dit : “Ben, c’est lui !” On est fiers et heureux d’accueillir un entraîneur qui nous correspond. Je n’aime pas trop le mot précipitation, mais il a fallu avancer vite quand on a su que Pierre allait partir. On a établi une liste et on est repartis sur les mêmes critères que l’an dernier : un entraîneur qui nous ressemble, avec nos valeurs, notre mentalité et cette vision du travail, cette volonté de charbonner, proche de ses joueurs, développeur de talents et de la formation. On voulait quelqu’un avec le même dynamisme et une équipe portée vers l’avant. On aurait pu faire des choix franco-français, on a entendu beaucoup de choses, beaucoup de fausses informations, mais quand on a creusé, on s’est vite aperçus qu’il s’agissait d’une personne vraiment crédible. »
C’est donc avec le technicien allemand de 45 ans que le RC Lens va désormais tenter de poursuivre sa progression la saison prochaine. « Ce qui ne veut pas dire finir premier et regagner la Coupe de France », souligne Jean-Louis Leca, qui n’en conserve pas moins l’ambition de glaner d’autres trophées dans les années à venir : « On a gagné tous ensemble et c’est vraiment cool, mais cela a pris du temps. Je suis arrivé ici il y a huit ans, il y a eu la montée, la saison 2022-2023. Il ne faut pas renier les belles saisons, mais gagner, c’est cool. Aujourd’hui, on doit mettre énormément de choses en place pour ne plus devoir attendre plus 20 ans avant de regagner quelque chose. Progresser, c’est se donner un maximum de chances en faisant progresser notre formation, nos installations, le recrutement, le staff médical ou technique. Tout cela fera que l’on réduira cet écart de temps. »
Le RC Lens va ainsi investir 7 millions d’euros cette année pour améliorer ses infrastructures avec une réfection des vestiaires, une plaine de La Gaillette qui sera en partie chauffée, ainsi que la création d’un bâtiment pour les féminines. « Nous sommes tous les héritiers de ce qui a été mis en place en 2002 avec la création de La Gaillette, mais nous devons la hisser à un niveau supérieur. Le Racing, c’est plus que des ambitions sportives, c’est aussi un projet qui avance. C’est ça qui nous obsède : avancer, gagner, mais gagner sur tous les fronts, emmener le RC Lens plus haut », commente Benjamin Parrot. Il y a eu une petite tempête à l’issue des festivités de la Coupe de France avec le départ de Pierre Sage, mais le navire lensois ne semble pas avoir dévié de sa trajectoire pour autant. Avec, à l’horizon, une quatrième participation à la Ligue des champions et, le peuple lensois l’espère, de nouvelles belles émotions au-delà des résultats.
Propos recueillis par Christophe Schaad à La Gaillette-Gervais-Martel.
Tant que le club trouvera des techniciens qui ont la même philosophie que nous, ça devrait coller. Prenez toujours un entraineur qui sait jouer à 3 derrière, pour éviter des recrutements adapter à sa façon de jouer à lui, et qui en générale, créer un bordel difficile à sortir pendant des années. Là, comme Sage, la plus part du temps, ils valident les recrutements de joueurs, parce que justement le club sait ce qu’il nous faut, c’est un gain de temps. A nous maintenant de le soutenir, c’est un championnat nouveau pour lui, et allons chercher cette LDC. 😄